Conseils Thermiques

l'étanchéité à l'air

l'étanchéité à l'air, une préoccupation nouvelle

Depuis une dizaine d'années, l'étanchéité à l'air, ou perméabilité à l'air est montrée de plus en plus du doigt comme une principale source de pertes thermiques à éviter. Outre cet aspect énergétique, l'étanchéité à l'air joue également un rôle dans la pérénnité d'une maison ainsi que son confort. Le législateur l'a bien compris puisque la RT 2012, s'inspirant totalement du label BBC, a désormais fixé une perméabilité à l'air maximum dans le neuf de 0.6 m3/(m².h) (logement individuel).

l'étanchéité à l'air, c'est quoi?

La perméabilité à l'air est définit par la capacité d'un matériau à laisser passer l'air, autrement dit dans une maison, à avoir des fuites (d'air). On l'exprime en m3/(m².h) ou en vol/h. Si l'on voit souvent l'air comme vecteur thermique, il faut avant tout le voir comme un vecteur d'humidité, et dans le bâtiment, l'humidité c'est le mal. On pourrait aller jusqu'à dire, que l'étanchéité à l'air est le point névralgique d'une maison. En effet, elle dépend de nombreux facteurs, dont notamment la qualité de la construction et peut avoir de nombreuses conséquences aussi bien au niveau de la ventilation, du chauffage, de l'isolation que du confort notamment.

un renouvelement d'air nécessaire

Une maison très étanche à l'air peut en effet avoir des effets très néfastes, classiquement lorsque l'on est en ventilation naturelle. Le renouvelement d'air ne sera alors plus suffisant et outre les problèmes de condensation qui pourront apparaître, c'est bien une dégradation de la qualité de l'air intérieur qui aura lieu. En effet, les différents polluants (CO2, benzène, aldehydes, ...) se retrouveront en quantité plus élevée, l'air ne sera plus sain. Ce cas arrive classiquement lors d'une rénovation avec changement des huisseries et des ouvrants sans modifier le type de ventilation. Ce cas de figure peut également se retrouver lorsque les entrées d'air des fenêtres sont bouchées (en VMC simple flux).

En résumé, ne pas confondre pertes par "fuites d'air" qui doivent être empêchées et pertes par "renouvelement d'air" qui doivent être maîtrisées par exemple avec des VMC à débit variable.

les conséquences d'une mauvaise étanchéité à l'air

Les pertes thermiques

Lorsque l'on pense à l'étanchéité à l'air, on pense en premier lieu aux pertes thermiques. En effet, l'air chaud va s'échapper (ou l'air froid va rentrer, selon la configuration et les endroits) et donc ce sera une partie du chauffage qui sera gaspiller pour aller chauffer directement les petits oiseaux selon la formule consacrée. Ces pertes thermiques sont rarements quantifiables (sauf test d'infiltrométrie) mais sont généralement assez vite décelables (en rénovation) car ce sont les points où il y a aura apparition de moisissures notamment.

L'inconfort

La sensation de courant d'air froid, qui peut parfois être imputée à la VMC simple flux, est généralement liée à la mauvaise étanchéité à l'air, notamment au niveau des huisseries. En plus de cela, un mauvaise étanchéité à l'air va également perturber l'écoulement que devrait avoir l'air, surtout lorsque la ventilation est assurée par une VMC double flux, avec le risque d'avoir de l'air vicié transporté dans les pièces de vie au lieu d'être correctement évacué.

Le cas des poêles à bois ou cheminée

Le tirage, dans le cas des cheminée ou des poêles est un sujet très sensible mais aussi très complexe. Il semble cependant, qu'une mauvaise étanchéité à l'air, couplée là encore avec une VMC Double flux degraderait le rendement de ce type d'appareil en limitant le tirage. Cela serait dû à la différence de pression intérieur/extérieur, normalement provoquée par la VMC et qui serait diminuée par les fuites d'air. Cependant, peu d'études existent et ce sont principalement des test empiriques qui pointent cette difficulté.

Les problèmes d’humidité

Qui dit mauvaise étanchéité à l'air, dit forcément apport (non maîtrisé) d'humidité. Cette problématique d'humidité et de condensation à un lien évident avec celle liée l’étanchéité à l’air, cependant, elle reste légèrement différente (avec des causes en partie différentes de l’étanchéité à l’air). Elle sera donc traitée dans un article qui lui sera entièrement consacrée.

une démarche qualité

L’organisation du chantier

Plus que jamais, la question de l’étanchéité à l’air requiert un véritable travail de gestion des différents corps de métiers. En effet, chaque intervention qui aura lieu après la pose de l’étanchéité devra faire l’objet d’une grande attention pour préserver ce qui a été mis en place. Cela demande également un travail d’anticipation, notamment pour l’électricien avec les réserves pour les gaines, l’implantation des prises ou encore les passages des gaines de ventilation. Ces points, souvent négligés, s’avèrent généralement des endroits où les fuites d’air comme nous le verrons un peu plus tard...

La qualité de pose

Si les techniques mises en place jouent évidemment un rôle dans le traitement de l’étanchéité à l’air, la qualité de pose demeure primordiale. En effet, assurer la continuité de l’isolation notamment demeure réellement une attention de tous les instants. C’est pourquoi, les professionnels doivent être sensibilisés, voire formés pour adopter les bons gestes et les bonnes techniques pour assurer au mieux l’étanchéité à l’air du bâtiment. Si ce surplus de (qualité) de travail peut paraître superflu aux yeux de certains professionnels, c’est qu’ils ne se rendent pas compte de l’importance de la qualité de la pose sur les performances générales du bâtiment et sa durée de vie. On notera d'ailleurs que sur des projets importants, la majorité des artisans assistent au test de perméabilité à l'air, non pas corriger les défauts, mais plus pour avoir la validation de leur qualité de travail, qui est forcément très gratifiant.

le test d’infiltrométrie

Test blowerdoor

Porte soufflante blowerdoorComment parler étanchéité à l’air sans parler du test d’infiltrométrie (aussi appelé blowerdoor). Celui-ci est obligatoire en BBC (et le sera donc pour tous les bâtiments RT 2012) à la fin du chantier, notons que des tests intermédiaires peuvent évidemment être effectués et permet de valider en cours de chantier les étapes réalisées. Ces tests intermédiaires sont généralement réalisés lors de la construction de plusieurs bâtiments similaires ou d’un immeuble. Le test “blowerdoor”, signifie littéralement le test de la “porte soufflante”. Il porte très bien son nom puisque c’est une porte équipée d’un ventilateur qui permettra de faire varier la pression nécessaire au test. En fonction de la difficulté ou non du ventilateur à garder une pression (50pa), on peut déterminer la quantité d’air qui s’échappe par les fuites. A noter que tous les éléments en attente ou qui serviront par la suite à la ventilation (entrée d’air, gaines de ventilation, …) auront au préalable été bouchés. On effectue généralement deux étapes à savoir une mise en dépression et une mise en surpression, cela permet de détecter plus facilement certaines fuites.

Détecter les fuites

Fuite d'air fenetre test d'étanchéité à l'air Il est très rare qu’un bâtiment (dans le cas d’un premier test blowerdoor), ne possède pas de fuite. C’est pourquoi un technicien sera présent lors du test pour détecter les fuites et les supprimer de suite. Parmi les moyens généralement mis en oeuvre, on trouve notamment un générateur de fumée. Il permet de voir rapidement par où s’échappe la fumée puisque celle-ci se retrouve dehors en cas de fuite. L’anémomètre portatif est lui aussi très utilisé, et permet de détecter le moindre courant d’air synonyme de fuite. Enfin, la caméra thermique peut également servir à détecter les fuites d’air. A noter que dans la majorité des cas, les fuites seront rebouchées tout de suite ce qui permet de n’avoir qu’un seul test à faire.

conclusion

L'étanchéité à l'air fait partie des nouvelles problématiques qui devront être parfaitement intégrer dans les bâtiments d'ici le 1er janvier 2013 puisque la RT 2012 impose une valeur minimal d'étanchéité à l'air. Les techniques existantes sont généralement tout à fait suffisante pour atteindre des niveaux conformes aux futures exigences (ou actuelle exigence BBC puisqu'elles sont identiques) mais c'est souvent la qualité de pose qui est mis en cause. A noter, comme nous avons pu le voir, que la VMC double flux est particulièrement sensible à cette notion de perméabilité à l'air.

si vous aimez, partagez !

Suivez nous sur facebook Suivre Cthermiques sur Twitter flux rss

laisser un commentaire ou une question










Voulez-vous être averti par mail lors d'une réponse à ce commentaire?
Voulez-vous vous inscrire à la newsletter?
* Champs obligatoires

commentaires et questions

Pas encore de commentaire ou de question. C'est votre chance! Soyez le premier ou la première! Remonter